Le point sur l’harmonisation de l’aide en Asie
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Harmoniser l’aide des bailleurs et mettre leurs processus et leurs procédures à portée des gouvernements partenaires, voilà un sujet politique majeur pour la communauté de développement et les pays bénéficiaires. Les faits sont alarmants. Au Cambodge, par exemple, 90 % de l’aide ne passe pas par les systèmes nationaux. Le gouvernement vietnamien accueille chaque année plus de 400 missions d’agences. Le ministre afghan des finances a récemment déclaré qu’il devait pratiquement consacrer deux tiers de son temps aux relations avec les bailleurs.
L’aide contribue-t-elle réellement au développement des pays ? Cette question s’est d’abord muée en inquiétude, puis a donné jour à deux déclarations internationales : celle de Rome tout d’abord, sur l’harmonisation, en février 2003, celle de Paris ensuite, sur l’efficacité de l’aide, en mars 2005. Toutes deux ont été signées par des représentants des pays bénéficiaires et d’un grand nombre d’institutions bi- et multilatérales de développement, qui se disent résolus à laisser de côté les principes politiques abstraits pour apporter des changements de fond aux modalités d’acheminement de l’aide par les agences officielles de développement.
Encouragés dans cette voie par des relations politiques de longue date et par la récente dynamique ayant abouti aux déclarations de Rome et de Paris, plusieurs pays du Sud se sont décidés à s’approprier les processus d’aide et à utiliser de manière plus efficace l’espace politique et opérationnel ainsi créé. Parmi les changements envisagés figurent :
· l’harmonisation des procédures et des opérations des bailleurs ;
· l’intégration des procédures des bailleurs dans celles des gouvernements partenaires ;
· la mise en place de systèmes de responsabilité mutuelle ;
· le passage de l’aide projet à l’aide programme et à l’appui budgétaire.
Ces changements supposent l’acquisition de nouvelles capacités de part et d’autre, qui vont d’une gestion proactive de la communauté des bailleurs à l’animation de processus politiques nationaux complexes.
Ce numéro de Capacity.org braque ses projecteurs sur quelques initiatives, leur déroulement et les problèmes de capacités qui apparaissent dans leur sillage. Dans l’article de fond, Niloy Banerjee, conseiller régional en renforcement des capacités du PNUD et coordinateur de l’initiative Capacity 2015, aborde le problème sous l’angle des capacités. S’ensuivent trois articles qui présentent les évolutions récentes enregistrées dans la coordination de l’aide aux Philippines, au Cambodge et au Vietnam. Les opinions exprimées n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue du PNUD. Comme toujours, Capacity.org vous propose de nombreuses lectures complémentaires répertoriées dans une bibliographie et mises à votre disposition sur le web.
Ce numéro de Capacity.org marque également la fin de six fructueuses années de contribution au débat politique international sur le renforcement des capacités. Preuve de la valeur qu’ils accordent à Capacity.org, l’organisation de développement néerlandaise SNV et le PNUD ont récemment signé un accord avec l’ECDPM portant sur la réalisation d’une version plus étoffée de Capacity.org à partir de septembre 2005. Nous vous communiquerons les détails de cette nouvelle formule sur le web en temps utile. |