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 Numéro   | Mai 2010

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Développer les capacités dans le secteur de l’eau et de l’assainissement

Le trachome est une maladie des yeux liée au manque d’assainissement et d’hygiène. Le trichiasis est un des stades d’évolution du trachome et peut, sans une prise en charge médicale, évoluer vers la cécité. Dans certaines régions d’Ethiopie, plus de la moitié de la population rurale est infectée par le trachome.

Un lavage régulier des mains et du visage est la meilleure façon de prévenir la propagation du trachome. La construction et l’utilisation de latrines peut également contribuer à prévenir la maladie. L’éradication du trachome et d’autres maladies causées par le manque d’eau salubre, d’assainissement et d’hygiène permettrait non seulement d’améliorer le bien-être des populations, mais aussi de réduire les coûts de soins de santé curatifs et d’aider à renforcer l’économie.

Même si les avantages semblent évidents et les solutions radicales, réduire de moitié, d’ici à 2015, le nombre de personnes qui n’ont pas un accès durable à l’eau potable et à l’assainissement de base est un défi considérable pour bon nombre de pays. Malgré les avancées réalisées dans le cadre de la Décennie internationale de l’eau potable et de l’assainissement (1981-1990) et de l’Année internationale de l’assainissement 2008, près de la moitié de la population des pays en développement n’a toujours pas accès à une eau potable saine, à l’assainissement et à l’hygiène.

Ce numéro de Capacity.Org examine la question du développement des capacités nécessaires à la réalisation des objectifs liés à l’eau et à l’assainissement d’ici 2015. Il met principalement l’accent sur les besoins en capacités au niveau intermédiaire et local, mais aborde également les relations entre l’élaboration des politiques au niveau « macro » et leur mise en œuvre à l’échelon local.

Dans son article de fond, James Winpenny dresse un panorama des besoins en capacités des praticiens locaux dans le contexte de leur environnement institutionnel. Notre chroniqueuse Ravi Narayanan souligne par ailleurs l’importance d‘avoir une approche globale des enjeux organisationnels et institutionnels plutôt que de concevoir le développement des capacités uniquement en termes de formation.

Il existe un consensus parmi les décideurs politiques sur la nécessité d’encourager les investissements en faveur de l’eau et de l’assainissement. Il s’agit de renforcer les capacités institutionnelles pour s’assurer que les fonds sont gérés de façon responsable dans le cadre d’un processus de planification et de budgétisation sectorielles, et d’une planification financière stratégique. Ce ne sera pas une tâche facile, et la non-adhésion des donateurs à la Déclaration de Paris ne va pas dans ce sens.

Selon un rapport publié récemment par le Centre international de l’eau et de l’assainissement (IRC) (voir page 15), seulement 29 % de l’AOD (Aide officielle au développement) européenne sont alloués au secteur de l’eau en Afrique au titre de l’appui budgétaire sectoriel. Les 71 % restants sont affectés à un ensemble de programmes et projets distincts, qui font souvent appel à leurs propres unités d’exécution. M. Abebe Ayenew, du ministère éthiopien des Ressources hydriques, explique comment son gouvernement a abordé le problème de l’appui fragmenté des donateurs.

Quand bien même ces fonds parviennent au niveau local, ils ne sont pas forcément alloués à l’eau et l’assainissement. Si l’approvisionnement en eau est devenu l’une des grandes questions de l’agenda politique, trop peu d’attention est accordée à l’assainissement et l’hygiène, ce qui peut surprendre, au regard de leurs retombées positives. Mais dans la plupart des cultures, l’assainissement et l’hygiène font partie de la sphère intime. Il faut faire preuve de finesse pour discuter avec les gens du danger qu’il y a à déféquer n’importe où et de l’importance de se laver soigneusement le visage. Dans le cadre de sa contribution à ce numéro, Shyama Ramani raconte comment elle s’y est prise en Inde pour encourager les populations à utiliser et à entretenir leurs toilettes. Seuls des leaders courageux pourraient faire du secteur de l’assainissement et de l’hygiène l’une de leurs priorités. Carmen da Silva Wells, Patience Turyareeba et Brecht Mommen expliquent dans leur article comment le leadership, la coordination et la volonté d’apprendre sont des facteurs clés de succès en Ouganda.

On s’accorde depuis longtemps à reconnaître l’importance de la participation communautaire à toutes les étapes du processus d’amélioration de l’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène. Dans leur article, Barbara van Koppen, Rudolph Glotzback et Jackson Wandera montrent toutefois que peu de progrès ont été réalisés dans ce domaine. On note la persistance d’une démarche de planification descendante, qui repose souvent sur de fausses hypothèses quant aux besoins des populations. L’article indique clairement la voie à suivre pour engager des consultations véritables et efficaces avec les personnes concernées.

Heinz Greijn, Rédacteur en chef



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