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 Numéro  38 | Décembre 2009

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COORDONNER LES EFFORTS DE TOUTES LES PARTIES PRENANTES
Accès à l’eau et l’assainissement en Ethiopie

Les objectifs liés à l’eau et l’assainissement du Programme éthiopien d’accès universel devront être atteints d’ici 2012. Capacity.Org s’entretient avec M. Abebe Ayenew, du ministère éthiopien des Ressources hydriques, sur les stratégies retenues pour réaliser cet objectif.

M. Ayenew, plus de 250 000 enfants éthiopiens meurent chaque année de maladies liées au manque d’assainissement et d’hygiène – ce qui représente 60 % du poids global de la maladie dans le pays. Le taux d’accès à un approvisionnement en eau potable est en moyenne de 49 % dans les zones rurales. Vu le rythme auquel les programmes d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement (WaSH) sont mis en œuvre à l’échelon national, estimez-vous que les objectifs liés à l’eau et l’assainissement du Programme d’accès universel seront atteints d’ici 2012 ? Quelles capacités spécifiques faut-il renforcer de toute urgence ?
Je pense que, d’ici à 2012, nous parviendrons à réaliser 98 % des objectifs visés dans le domaine de l’eau et 100 % dans le domaine de l’assainissement. Il conviendra néanmoins de renforcer les capacités au sein des districts, notamment dans les domaines suivants : approvisionnement, gestion financière et connaissances techniques. Une évaluation intermédiaire sur l’état d’avancement du programme, réalisée récemment par le ministère des Ressources hydriques, nous enjoint de procéder à certains ajustements de stratégie, à savoir des technologies peu onéreuses, adaptées aux conditions locales, avec la participation des acteurs communautaires, comme par exemple des puits creusés à la main, des systèmes de récupération des eaux pluviales, le développement des sources d’eau. Nous avons examiné ces ajustements avec les bureaux régionaux et les donateurs.

L’appui fragmenté des donateurs peut également constituer un obstacle majeur. Plusieurs dizaines de donateurs et quelques centaines d’ONG apportent leur soutien à l’Ethiopie, chacun(e) selon ses propres critères et procédures. Comment le gouvernement éthiopien aborde-t-il cette question ?

Cela pose un problème évident en Ethiopie. Le gouvernement a établi, à l’échelon national, un forum multi-parties prenantes auquel participent les donateurs, les ONG et les organisations de la société civile. Le ministère des Ressources hydriques copréside ce forum avec les ministères de la Santé et de l’Education. L’objectif est de coordonner les activités mises en place et d’éviter les doubles emplois. Ce forum est essentiel pour tenter de résoudre le problème de la fragmentation des donateurs. A l’avenir, des forums similaires seront organisées au niveau des régions et des districts.

Des femmes et des enfants autour de robinets d’eau à Shoa, Ethiopie.

Il y a lieu, également, de mettre en avant le programme RiPPLE (Politique et pratique de l’apprentissage inspirées par la recherche en Ethiopie). Bien que ce programme soit axé sur l’apprentissage, il contribue à faciliter la coordination entre toutes les parties prenantes. Des Alliances d’apprentissage et de pratiques (LPA) ont été établies dans des districts sélectionnés ainsi que dans trois régions, et une LPA a été instaurée à l’échelon national. A tous les niveaux, le programme RiPPLE réunit des groupes de parties prenantes issues d’organisations partenaires pour débattre sur des questions d’intérêt commun. Les professionnels œuvrant au niveau national, régional ou des districts peuvent participer à ces groupes de discussion. Le programme RiPPLE encourage ces professionnels à rester en contact et à partager leurs points de vue et leurs expériences, pendant et après ces réunions.

La première phase du programme RiPPLE a fourni des indications intéressantes sur la gouvernance, la planification financière et l’assainissement. L’objectif de la seconde phase est de développer deux actions de recherche appliquée en collaboration étroite avec les partenaires institutionnels des trois LPA régionales.

Lors de ma visite en Ethiopie, il y a environ un an et demi, j’ai pu constater – au niveau régional – que les statistiques relatives à l’eau, l’assainissement et l’hygiène étaient dispersées ou même manquantes, chaque secteur gardant pour lui ses propres informations. Personne n’avait une vue d’ensemble des ressources, ni des données statistiques sur la morbidité prévalente, d’où la difficulté de déterminer où les investissements et les interventions d’urgence s’avéraient nécessaires. Ainsi, certaines communautés comptent un nombre important d’agents de développement alors que d’autres – où la morbidité incidente est plus forte – ne reçoivent aucune aide. Comment le gouvernement éthiopien fait-il face à ce problème ?

Le gouvernement a pris conscience de l’ampleur du problème et a mis en place des systèmes de gestion informatisée des données de suivi-évaluation dans le cadre du programme d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène. Ce projet bénéficie de l’appui de la Banque mondiale. Une fois ce système intégré, les décideurs politiques et les praticiens du ministère des Ressources hydriques, des bureaux régionaux des ressources hydriques ainsi que les représentants des districts et des municipalités auront accès à toutes les sources d’information souhaitées. Le programme RiPPLE a contribué de manière significative à la collecte de données de différentes sources en vue de l’élaboration de cartes.

Links

www.rippleethiopia.org



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