Les partenariats entre organisations publiques, commerciales et de la société civile peuvent-ils être plus efficaces que les initiatives issues d’un seul secteur pour relever les défis du développement durable ? Pour toute organisation décidant de se lancer dans des partenariats intersectoriels, le Manuel du partenariat est un bon point de départ.
Il n’est pas fréquent de trouver des outils pratiques, flexibles, pouvant toutefois apporter une valeur ajoutée à tout effort de collaboration. Mais c’est précisément ce qu’offre le Manuel du partenariat. Les partenariats intersectoriels peuvent mener à des approches innovantes, cohérentes et intégrées permettant de s’attaquer aux difficultés que pose le développement durable. Ils peuvent réussir là où des initiatives relevant d’un seul secteur ont échoué.
De nombreuses organisations n’ont pas encore institutionnalisé les partenariats intersectoriels, soutenus par des investissements en ressources humaines et budgétaires. Selon l’auteur, Ros Tennyson, « Si le monde doit attendre que le secteur à but non lucratif ou tout autre secteur soit "prêt pour nouer des partenariats", le mouvement des partenariats ne décollera jamais. » Pour les organisations qui sont prêtes à faire le pas, le Manuel du partenariat est un bon ouvrage de référence, quelques points mis à part.
Le processus d’établissement d’un partenariat
Le manuel présente d’abord l’objet du partenariat et décrit une approche en 12 phases permettant de bâtir des partenariats voués au succès. Toutefois, cette approche de type « taille unique » est tellement flexible qu’elle porte parfois atteinte à sa propre utilité. Par exemple, la phase « ressources » du partenariat suit les phases « établissement » et « planification ». Pourtant, pour une organisation du secteur privé désireuse de mener une affaire commerciale et une ONG en mal de liquidités, les ressources s’inscrivent plutôt en tête des priorités. Les phases du processus, et leur ordre, dépendront des besoins des partenaires concernés.
Les trois grands principes du partenariat (équité, transparence et avantage mutuel) peuvent paraître évidents, mais il convient peut-être de reconsidérer l’avantage mutuel. Il semble parfois improbable que des partenaires opérant dans des secteurs très différents trouvent un terrain commun. Pourtant, ce sont souvent les partenaires les plus éloignés qui tirent le plus grand parti d’un partenariat. La transparence entre les partenaires est essentielle ; elle doit porter sur leurs agendas et sur les avantages qu’ils attendent du partenariat, qu’ils soient les mêmes ou non. Il serait peut-être plus approprié d’inscrire le respect mutuel comme troisième principe.
Le processus d’exploration des avantages potentiels des partenariats intersectoriels peut encourager certaines personnes et en rebuter d’autres. Le manuel recommande donc que les partenaires établissent un dossier des ressources répertoriant ce que chacun peut apporter au partenariat. Ce processus d’inventaire permet parfois d’envisager de nouvelles approches, de découvrir des possibilités inattendues et l’élargir le champ de vision.
Les compétences nécessaires
Le processus d’établissement et de gestion d’un partenariat est complexe. Il ne fonctionnera qu’à condition d’être soutenu par des individus possédant les compétences requises. Il exige un champion du développement, un intermédiaire et un bailleur de fonds, ainsi qu’un gestionnaire ayant une vision stratégique, capable de convaincre et de négocier. L’important est la conscience de soi au niveau personnel, organisationnel et sectoriel, ainsi que la capacité de dépasser les points de vue et les modèles décisionnels enracinés. Malheureusement, le Manuel du partenariat ne parle pas d’une faiblesse commune aux ONG et aux organisations du secteur privé : leur réticence à reconnaître l’importance des partenariats et à y investir.
Quelle que soit l’approche adoptée, l’établissement d’un partenariat doit être associé à une bonne connaissance des partenaires et des organisations concernées. Les partenariats démarreront seulement lorsque les organisations qui les sous-tendent seront prêtes à abandonner les conceptions figées de leurs rôles et de leurs responsabilités et seront disposées à explorer le potentiel d’une réelle collaboration intersectorielle.
Ingrid Hagen, consultante installée aux Pays-Bas, stimule les partenariats public-privé et en tire des enseignements.
Lecture
Ros Tennyson (2004) .Manuel du partenariat. Partnering Initiative.
Ros Tennyson (2006) The Case Study Toolbook: Partnership Case Studies as Tools for Change. Partnering Initiative.
M. Rein et al. (2005) Working Together: A Critical Analysis of Cross-Sector Partnerships in Southern Africa.
M. Warner (2003) The New Broker: Brokering Partnerships for Development. ODI.
M. Warner et R. Sullivan, Eds (2004) Putting Partnerships to Work. Greenleaf.
J.M. Witte et al. (2005) Business UNusual: Facilitating UN Reform through Partnerships. UN/Global Public Policy Institute (GPPi).



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