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 Numéro  38 | Décembre 2009

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CAPACITÉS ORGANISATIONNELLES ET INSTITUTIONNELLES
Au-delà de la formation

La notion de « développement des capacités » revêt des sens différents selon les acteurs. Il s’agit néanmoins d’un outil essentiel à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) liés à l’eau et l’assainissement. La lenteur des progrès accomplis dans le secteur de l’eau et l’assainissement est généralement associée à une pénurie de main d’œuvre spécialisée. Dès lors, le développement des capacités consiste pour l’essentiel à former les personnels à la construction d’actifs physiques (toilettes, réseaux d’adduction et de distribution d’eau) notamment, mais pas seulement dans les zones rurales.

La formation est sans conteste une composante nécessaire au développement des capacités. Il faut toutefois déployer davantage d’efforts pour trouver une solution à long terme au problème de l’eau et de l’assainissement. Afin d’obtenir les résultats escomptés, les personnels formés devront pouvoir s’appuyer sur un environnement favorable au niveau organisationnel et institutionnel (systèmes juridiques, politiques, us et coutumes d’une société).

Le principal défi des organisations intervenant dans les zones urbaines est d’éviter le départ des personnels qualifiés et de s’assurer qu’ils sont efficaces dans la réalisation de leurs tâches. Cela implique, dans les deux cas, la mise en place d’un régime approprié de rémunération et d’un système de contrôle et de gratification afin d’exploiter au mieux leur potentiel. Les problèmes majeurs apparaissent dans les zones rurales où les efforts déployés pour transférer les responsabilités liées à la construction et à la maintenance des réseaux d’eau et d’assainissement de l’administration centrale vers les collectivités locales ne s’accompagnent pas souvent du transfert nécessaire des ressources humaines et financières.
Cela dit, pour pérenniser et développer l’ensemble des prestations fournies dans ce domaine, il est nécessaire de prendre en compte, au niveau institutionnel, d’autres aspects souvent négligés dans les discussions sur le développement des capacités.
Le potentiel de développement est abordé tout d’abord sous l’angle de la capacité à assurer un financement approprié en temps opportun, à stimuler le développement et à poursuivre les efforts déployés dans le but d’améliorer la couverture. Ceci concerne moins la disponibilité de l’aide au développement mais plus particulièrement le manque de capacité du secteur bancaire, formel et informel, à octroyer des ressources au secteur de l’eau et de l’assainissement au niveau des ménages. La faible contribution des banques au financement n’est pas toujours liée aux coûts élevés de transaction de l’octroi de petits crédits ; elle est souvent due au fait que les responsables chargés des opérations de prêts ne connaissent pas suffisamment les nouveaux mécanismes d’octroi des petits crédits fondés sur des garanties de groupes, ni les facteurs de risque auxquels ils pourraient être associés. Alors que le secteur de la microfinance connaît une croissance remarquable, le concept reste extrêmement hétérogène et vise avant tout le financement d’activités « génératrices de revenus ».

La seconde capacité à prendre en considération au niveau institutionnel est liée à la menace croissante posée par la durabilité des sources d’eau et à la question de la détérioration de la qualité de l’eau. La fragilité des institutions, les divergences politiques et l’inadéquation des politiques en matière de sciences et technologies ne font qu’aggraver ces menaces. L’augmentation de la demande et l’utilisation de l’eau, qu’elle soit industrielle, individuelle ou à des fins d’irrigation, ont des incidences significatives sur la quantité et la qualité des eaux souterraines et des eaux de surface. De surcroît, la plupart des mécanismes permettant d’élaborer des politiques sur l’utilisation de l’eau, d’engager des consultations avec les ministères publics et de résoudre les conflits entre les différentes parties prenantes, sont inadaptés.

Un défi de taille à relever consiste à trouver des solutions systémiques et des stratégies d’atténuation applicables rapidement et dans une large mesure. Pour trouver une solution à tous ces problèmes, il s’avère nécessaire de combler les lacunes qui subsistent en matière de capacités dans le cadre de la planification intersectorielle et de l’élaboration des politiques au niveau institutionnel.



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