Redevabilité : relation entre un détenteur de droits ou une revendication légitime (un bien public, par exemple) et les personnes ou organismes (porteurs de responsabilités) censés matérialiser ou respecter ce droit en effectuant ou en n’effectuant plus certains actes. En langage fondé sur les droits, la redevabilité correspond à la réactivité des « porteurs de responsabilité » et à la capacité des « détenteurs de droits » à faire entendre leur voix, c.-à-d. à exprimer leurs besoins et à revendiquer leurs droits.
Voix : force de l’élan communiqué par les détenteurs de droits aux décideurs ou porteurs de responsabilités.
Réactivité : façon dont un agent de développement – privé ou public – perçoit les besoins et réagit aux revendications d’un groupe donné, tel que les pauvres.
Redevabilité verticale : relation directe entre les citoyens et leurs mandataires publics, essentiellement au travers des élections mais également au travers de formes plus directes de participation et d’engagement citoyen.
Redevabilité horizontale : mécanismes au travers desquels diverses institutions publiques se demandent des comptes les unes aux autres au nom de la population. La redevabilité horizontale implique surtout que l’exécutif doit rendre des comptes au législatif et au judiciaire ainsi qu’à certains organismes spéciaux de contrôle, par exemple : commissions des droits de l’homme ; médiateurs / protecteurs du citoyen ; auditeurs-généraux ; commissions électorales indépendantes ; banques centrales indépendantes ; autorités fiscales indépendantes ; offices de lutte contre la corruption.
Redevabilité vers le haut : redevabilité des niveaux de pouvoir inférieurs envers les niveaux supérieurs ; une administration locale, par exemple, doit rendre des comptes à son ministère de tutelle.
Redevabilité vers le bas : redevabilité des niveaux de pouvoir supérieurs envers les niveaux inférieurs : il incombe à un ministère de tutelle de soutenir les services d’appoint, par exemple.
Redevabilité sociale : redevabilité des organisations envers la population. Elle s’applique surtout à l’administration publique mais peut également renvoyer à la redevabilité des partenaires de développement envers les bénéficiaires finaux dans les pays en développement.
Redevabilité mutuelle : relation de redevabilité réciproque de nature contractuelle. Ce concept a pris de l’importance, surtout dans la relation d’aide.
Redevabilité extérieure : redevabilité des agents de développement du pays envers les bailleurs extérieurs et les partenaires de développement, parfois en tension ou au détriment des redevabilités intérieures de ces derniers.
Redevabilité intérieure : ensemble des relations de redevabilité intérieure (voyez redevabilité verticale, horizontale, vers le haut, vers le bas et sociale).

