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 Numéro  38 | Décembre 2009

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L’AVENIR INDÉFINI DES ORGANISMES D’AIDE
Quel appui aux RCL?

L’aide aux renforceurs de capacités locaux (RCL) doit figurer parmi les principes fondamentaux du développement en tant que condition préalable de l’efficacité et de la durabilité des interventions.

Les RCL qui appuient la société civile sont encore principalement les organisations non gouvernementales (ONG) elles-mêmes, et malgré certaines tentatives de recouvrement des coûts par le biais de redevances, dans les pays les moins avancés, la plupart dépendent encore de l’aide extérieure. Les centres d’éducation continue formels visent d’autres priorités (professionnelles, académiques ou déterminées par l’État). Il se pourrait qu’un jour les recettes fiscales et les redevances de services viennent se substituer à l’aide extérieure, mais nous parlons là de l’avenir.

Il y a plus de dix ans, l’INTRAC a organisé une réunion de ce qu’elle appelait les « organisations de soutien des ONG ». Nous avons une liste de ces organisations sur notre site web, car nous estimons que leur aptitude à fournir des services d’appui, principalement de renforcement des capacités, mérite que nous nous y intéressions tous.

Or l’intérêt suscité par ces organisations a fléchi. En mal de financements, elles réduisent leur budget et leurs activités, parfois radicalement, même dans les pays les plus pauvres. Beaucoup se sont vues contraintes de devenir des sous-traitantes de bureaux-conseils étrangers, d’ONG internationales et de donateurs officiels au lieu d’accorder la priorité au renforcement des capacités locales.

Quelles sont les raisons de cette évolution ? L’intérêt égoïste des fournisseurs de renforcement des capacités des pays du Nord, des organismes sources de personnel, des ONG internationales et des universités peut aller à l’encontre des buts des RCL. Par ailleurs, obsédés par les résultats immédiats, les donateurs se détournent des investissements à long terme dans le renforcement des capacités.

Renforcer les RCL

Nous devons nous demander si nous faisons véritablement de notre mieux pour appuyer les RCL ou si nous songeons à préserver nos propres institutions. Une part de l’aide bilatérale est toujours une aide liée à peine déguisée, en rapport avec les universités et autres organisations du pays donateur. Malgré les principes dont il a été convenu dans la Déclaration de Paris de 2005, nombre d’organisations européennes doivent leur survie à des contacts avec leur propre gouvernement et à des contrats octroyés par celui-ci. D’autres ont apparemment renoncé à l’objectif d’œuvrer à leur propre disparition qui semblait animer tant d’ONG dans les années 80.

Plutôt que d’élaborer des plans stratégiques quinquennaux, les organisations envisagent un avenir indéfini ! Certaines allouent pour envoyer du personnel à l’étranger un budget qui suffirait à assurer le fonctionnement d’une ONG locale de moyennes dimensions pendant un an.

Nous devons également inverser la tendance à l’application d’une approche simpliste axée sur les résultats qui sous-estime l’importance du renforcement des capacités, approche à courte vue qui réduit le développement à une croissance économique du secteur privé, l’aide au développement n’étant considérée que comme des contribution marginale à la protection sociale. On ne voit guère, selon cette logique, la nécessité d’un renforcement des capacités institutionnelles locales, que l’on comprend mal et que l’on réduit à un renforcement des aptitudes techniques.

Autonomiser

En souscrivant à la théorie de la percolation de la croissance économique en faveur des pauvres et des communautés désavantagées et en s’en remettant aux forces du marché pour fournir les aptitudes nécessaires à l’activité économique, on relègue aussi dans le passé le renforcement des capacités des organisations et des institutions. Disparaissent aussi les programmes visant à autonomiser les organisations locales ou communautaires.

La réponse consiste à renforcer les capacités des gens à résoudre eux-mêmes leurs problèmes ainsi que les compétences et les aptitudes organisationnelles locales. Nous devons ranimer l’intérêt pour les RCL et leur accorder la plus large priorité possible, en sachant que ce type de travail prend du temps mais qu’il est, à terme, très payant.

Pour en savoir plus

  • Lipson, B. and Hunt, M. (2008) Capacity Building Framework: A Values Based Guide. Oxford: INTRAC.
  • James, R. and Hailey, J. (2007) Capacity Building for NGOs: Making it Work. Oxford: INTRAC.


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