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 Numéro  34 | Août 2008

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EXPÉRIENCES AVEC LA MÉTHODE MSC
Vidéo participative pour le suivi et l'évaluation

La vidéo participative se prête parfaitement au suivi et à l'évaluation de projets. Chris Lunch, directeur d’Insight, nous fait découvrir comment certains groupes utilisent la vidéo pour mettre en évidence et interpréter des histoires de terrain révélant des changements significatifs.

La vidéo participative est un processus itératif qui permet à certains groupes de constater des innovations et des idées, ou de se concentrer sur des questions qui touchent à leur vie. Des membres de ces groupes participent à des ateliers où, à l'aide de différentes techniques participatives, ils apprennent à analyser leur situation, et à concevoir, à mettre en scène et à filmer leurs propres messages vidéo de courte durée. La réalisation d'un film en commun incite les personnes à « visualiser » ce qu'elles font et à envisager des façons de s’y prendre mieux. Les participants contrôlent immédiatement et discutent le matériel qu'ils ont filmé ensemble avant de sélectionner les moments importants à partager avec l'ensemble du groupe lors des projections de village.

Une fois fixées sur la bande vidéo, les histoires sont accesibles à tous les publics.

Cette projection locale de films marquant les progrès d’un projet est le pivot du processus. Elle permet d'atteindre plusieurs résultats en même temps : elle ouvre la voie à la communication, encourage le dialogue et met en marche un échange dynamique d'idées. Elle peut également contribuer à renforcer le consensus au sein du groupe. Il n'est donc pas surprenant que la vidéo participative se prête si bien au suivi et à l'évaluation (S&E). En fait, on pourrait avancer que la méthode, qui passe progressivement de l'action à l'analyse, entraîne une intégration du S&E dans le processus.

La vidéo participative peut s’utiliser de différentes manières aux fins de S&E. Elle peut servir à enregistrer des informations sur le processus lui-même, en fixant les expériences des individus et des groupes lorsqu'ils emploient les outils. Au niveau des avancées des activités, la vidéo participative peut contribuer à renforcer la maîtrise par les populations du pilotage d'un projet. Enfin, au stade de l'achèvement du projet, elle peut enregistrer le point de vue des participants sur ce qu'ils ont réalisé, et leur opinion sur le projet en général.

Un outil au service du S&E

Les premières expériences d’Insight avec la vidéo participative ont fait apparaître deux difficultés. Comment pouvions-nous concrétiser son potentiel évident en tant qu'outil de S&E et développer une approche plus systématique ? Comment pouvions-nous y ajouter un élément quantifiable ? La technique dite du « changement le plus significatif » (MSC) de Rick Davies a apporté des éléments de réponse prometteurs à ces deux questions.

À la différence du suivi traditionnel, la MSC est une méthode avant tout qualitative qui consiste en une collecte et en une interprétation

Participants work together to plan short MSC films using the storyboard method (photo: Insight). For more information about the exercises and games used in the process, see Insight’s

participative d’histoires de terrain relatant un changement significatif. Nous nous sommes rapidement rendu compte que la vidéo pouvait soutenir cette nouvelle technique de S&E et renforcer sa capacité à véhiculer « une image riche ». Une fois fixées sur la bande vidéo, les histoires sont accessibles à tous les publics, enfants et analphabètes inclus. Enfin, la vidéo peut aider à resserrer les liens entre, d’une part, les histoires de MSC et, d’autre part, les lieux et les personnes qui en sont originaires, et à renforcer le contrôle local sur leur diffusion. Elle permet également d’éviter des situations dans lesquelles le personnel de projet finit par parler au nom du groupe, en utilisant un langage et des moyens d'information qui, dans bien des cas, sont incompréhensibles aux personnes concernées.

Après une formation très courte, n'importe qui peut utiliser une caméra vidéo, ce qui permet aux gens de raconter leurs propres histoires de changement significatif dans un contexte familier. Le processus de la prise de vues est amusant et il est possible d’en visionner et analyser tout de suite le résultat. Surtout, la vidéo participative permet aux groupes de tenir en main le déroulement des projets, de la conception aux différentes étapes de mise en œuvre. Elle favorise ainsi la coopération, la confiance en soi et la capacité de mener une action de groupe.

Liens

Insight est une organisation basée en France et au Royaume-Uni qui fait œuvre de précurseur en matière d’utilisation de la vidéo participative en tant qu’outil d’autonomisation des individus et des populations.
Vous trouverez des exemples de vidéos produites par des populations du monde entier sur www.insightshare.org/video.html

Une version intégrale de cet article (en anglais) est disponible sur www.capacity.org.

Lecture

Nick et Chris Lunch (2006) Insights into Participatory Video: A Handbook for the Field. Insight.

C. Lunch (2006) La vidéo participative pour échanger, Agridape, 22(1).

C. Lunch, Combining Participatory Video with the ‘Most Significant Change’ Approach. Étude de cas portant sur une évaluation effectuée lors d’un atelier hébergé par l’Institute of Development Studies, R-U, novembre 2005.

C. Lunch (2004) Participatory Video: Rural People Document their Knowledge and Innovations, IK Notes 71, Banque mondiale.

R. Davies et J. Dart (2005) The ‘Most Significant Change’ (MSC) Technique: A Guide to Its Use, MandE.

G. Ferreira, Pelican Case study: Participatory Video in the Policy Making Process: The Keewaytinook-Okimakanak Case Study, université de Guelph, Canada



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