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 Numéro  35 | Décembre 2008

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L’ALLIANCE BCO
Pas de modèles, s’il vous plaît!

Nous nous accordons tous à reconnaître la nécessité d’harmoniser. Mais la pratique est loin d’être aisée. L’auteur de cet article fait valoir l’utilité de concevoir conjointement des cadres flexibles afin d’assurer la coopération entre des partenaires dont les intérêts divergent fortement.

Dans une perspective traditionnelle de la gestion des projets, l’avenir de l’alliance Building Communications Opportunities (BCO) ne semblait pas des meilleurs. Les paramètres paraissaient trop flous. À l’origine, le projet ne prévoyait ni modèle d’évaluation ni modèle de gestion, par exemple, pas plus que de cadres logiques. Mais, en fait, ces lacunes apparentes ont eu un effet positif sur l’apprentissage et la collaboration.

Lancée en 2004, l’alliance BCO est un partenariat entre cinq agences donatrices et six ONG de mise en œuvre. Il vise à rechercher, à mobiliser et à soutenir les possibilités de TIC pour le développement qui aideront à réduire la pauvreté.

Alliance Building Communications Opportunities (BCO)

Lancée en 2004 pour succéder au programme Building Digital Opportunities (BDO), l’alliance BCO est un partenariat entre cinq agences donatrices bilatérales et six ONG de mise en œuvre. Les agences sont l’ACDI (Canada), le DFID (RU), la DGIS (Pays-Bas), Danida (Danemark) et la SDC (Suisse) ; les ONG, l’Association for Progressive Communications (APC), Bellanet, Hivos, l’Institut international pour la communication et le développement (IICD), OneWorld International et Panos. L’alliance BCO soutient des projets qui ont pour objectif d’harmoniser les TIC dans les processus de développement, d’utiliser les TIC pour donner une voix aux pauvres et un moyen de communication pour débattre, et de montrer que les TIC peuvent contribuer à la réduction de la pauvreté.

Cliqueter ici pour plus amples renseignements , ou prenez contact avec Lauren Fok, coordinateur de la BCO.

Au début, l’alliance a investi beaucoup d’énergie à s’assurer que tous les partenaires comprenaient leurs diverses missions, stratégies et valeurs. Elle a organisé des présentations structurées et des rencontres qui ont offert des occasions de mise en réseau. Ainsi se sont nouées des relations internes, ouvertes et flexibles entre acteurs du secteur public et acteurs à but non lucratif.

Les partenaires avaient omis de régler certaines questions pratiques avant le lancement, telles que la présentation des rapports et la fréquence des réunions. Ils ont dû s’entendre sur ces points dans un processus décisionnel collectif. Ils devenaient ainsi les créateurs de leurs propres programmes, ce qui a accru leur sentiment d’appropriation.

Le cadre des projets est très flexible ; on peut donc en modifier à volonté les éléments et les paramètres. Si cette flexibilité a parfois entravé l’adaptation des projets au cadre, elle a toutefois permis aux partenaires de réagir rapidement à de nouvelles circonstances sur le terrain. Ils ont également pu essayer de nouvelles technologies et choisir des solutions susceptibles d’avoir un plus grand impact.

L’alliance BCO est ainsi devenue une plateforme fertile d’apprentissage et de collaboration. Les partenaires ont déjà développé et mis en œuvre divers projets conjoints, en particulier l’étude Louder Voices (CTO-Panos, commandée par le DFID) et ItrainOnline (une initiative regroupant sept organisations qui possèdent un savoir-faire dans la formation informatique).

On peut également constater que l’approche collective adoptée par les partenaires de la BCO s’est propagée sur le terrain. Citons à titre d’exemple l’initiative visant à formuler une stratégie en matière de TIC  pour l’agriculture en Bolivie, coordonnée par la SDC, le DFID et l’IICD. Ou encore l’e-Brain Forum, un réseau local zambien qui cherche à influencer les décideurs et à sensibiliser au potentiel des TIC.

Les expériences de l’alliance BCO montrent que l’apprentissage et le partage sont des processus dont le développement exige une certaine latitude. Ces processus requièrent également des incitants qui renforceront l’appropriation, encourageront l’expérimentation et consolideront la confiance.

 

Ivan Kulis est chargé de programme à l’IICD et à l’ECDPM.

 

Lecture

R. Gerster et S. Zimmermann (2003) ICTs and Poverty Reduction in Sub-Saharan Africa: A Learning Study. Gerster Consulting.

D. MacLean et al. (2002) Louder Voices: Strengthening Developing Country Participation in International ICT Decision-making. CTO/Panos.

Banque mondiale (2005) E-Development: From Excitement to Effectiveness.

 

Liens

e-Brain Forum Zambia

ItrainOnline



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