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 Numéro  35 | Décembre 2008

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AMÉLIORER LES SERVICES DE SOINS MATERNELS DANS LE PUNTLAND (SOMALIE)
Programme de partenariat pour la santé dans le Puntland

En Somalie, les taux de mortalité maternelle et infantile sont parmi les plus élevés du monde. En coopérant avec des ONG locales, le Programme de partenariat pour la santé dans le Puntland réussit à améliorer l’accès à des soins de qualité pour des milliers de femmes.

La Somalie continue de subir une crise humanitaire chronique résultant de conflits permanents et de catastrophes naturelles. Le pays compte 6,8 millions d’habitants dont près de la moitié vit dans la pauvreté. Estimés respectivement à 1 600 pour 100 000 et 132 pour 1 000, les taux de mortalité maternelle et infantile sont parmi les plus élevés du monde.

L’État du Puntland, situé dans le nord-est du pays, a déclaré son autonomie en 1998. Il ne cherche pas à devenir indépendant de la Somalie, mais il a mis en place son propre gouvernement. Selon le ministère de la santé, 25 % des femmes meurent dans les 33 mois qui suivent leur première grossesse. La plupart des femmes n’ont pas accès à des structures médicales. La qualité des soins laisse à désirer, les prestataires de services de santé ne possèdent pas les compétences de base nécessaires, et l’amélioration de cette situation se heurte à l’absence de système de gestion cohérent. Femmes, adolescents et enfants sont confrontés à de multiples risques de santé qui reflètent leur statut social inférieur.

Les soins de santé maternels

En 1992, avec des ressources du gouvernement néerlandais, CARE a lancé le Programme de partenariat pour la santé dans le Puntland, qui vise à améliorer l’accès aux soins maternels pour 22 000 femmes habitant dans deux régions, le Nugal et le Mudug. CARE travaille en partenariat avec quatre ONG dédiées à la condition de la femme, deux hôpitaux, quatre dispensaires et trois centres de santé pour la mère et l’enfant.

Faute de ressources, le ministère n’est pas en mesure d’assurer un service de soins primaires à sa population. Des ONG locales et des associations d’habitants se sont donc créées pour combler cette lacune. Le ministère et CARE appuient ces organisations, en particulier les ONG de femmes, grâce à des partenariats qui favorisent leur autonomie.

Les femmes et les enfants sont exposés à une multitude de risques sanitaires qui reflètent leur position sociale inférieure.

Les partenaires du programme ont d’abord organisé une formation destinée aux accoucheuses traditionnelles et aux agents de santé locaux, ainsi que des cycles de formation à la gestion s’adressant à des comités de développement locaux, en vue d’améliorer le fonctionnement des dispensaires. Ils ont entrepris la construction, la réhabilitation et l’équipement de dispensaires. Ils appuient les hôpitaux urbains en améliorant les systèmes de gestion et en offrant des formations en obstétrique et en gynécologie aux médecins et aux infirmiers. Ils stimulent également la sensibilisation à l’aide d’émissions de radio, de rencontres-débats, de campagnes de mobilisation et même de poésies.

De nombreux changements sont déjà manifestes. Même les personnes habitant dans les régions rurales reculées ont maintenant accès à des dispensaires de village, dont la qualité s’est améliorée, maintenant que les agents de santé et les accoucheuses ont les compétences requises pour aider les femmes enceintes. Les villageois sont davantage au fait des risques que courent la mère et l’enfant, en particulier en ce qui concerne le VIH-sida. Dans les villes, les hôpitaux sont mieux équipés et on y a introduit de nouveaux services, notamment les césariennes, l’utilisation d’une ventouse et les scanners à ultrasons.

Une meilleure image de soi

Sans le partenariat, ces résultats n’auraient pas été atteints. Étant donné que les organisations locales font partie intégrante des communautés rurales, le programme a centré son action sur le renforcement de l’image de soi et des capacités. Il a permis de tirer de nombreux enseignements sur les partenariats.

  • L’instauration de relations de travail efficaces passe par le partage de certaines valeurs.
  • Il faut inclure les groupes marginalisés dans le processus décisionnel déterminant les activités du projet.
  • La bonne gouvernance d’une organisation crée un environnement propice à la prise de décision participative avec les populations.
  • Les bailleurs doivent rester conscients de leur pouvoir et de leur influence sur les partenaires et sur le partenariat.
  • Il faut un certain temps pour nouer des relations. Tout partenariat doit pourtant reposer sur l’établissement d’un consensus, même s’il exige un temps considérable.

Liens

CARE Pays-Bas

CARE Somalie

État somalien du Puntland

Programme de partenariat pour la santé dans le Puntland

Statistiques de l’Unicef. Estimations de la mortalité maternelle et infantile



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