Cet article étudie les capacités collectives des réseaux concernant l’utilisation des TIC, de l’information et la gestion du savoir. Les TIC peuvent permettre aux réseaux et à leurs membres d’atteindre leurs objectifs plus efficacement et ils font souvent partie de « l’offre » d’un réseau à ses membres.
La coopération au développement repose de façon croissante sur les réseaux et la mise en réseau qui permettent de mobiliser les capacités des organisations. On se rend compte de plus en plus que l’information, le savoir et les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent aider à atteindre les objectifs du réseau et des organisations, ainsi que des objectifs de développement.
La plupart des réseaux seraient difficilement opérationnels sans les capacités offertes par Internet et les autres outils de la révolution de l’information et de la communication. Certains, en effet, n’existent que par les TIC !
Les réseaux structurés recourent aux TIC dans deux cas de figure majeurs. Dans le premier, les acteurs du développement, dans la santé ou dans l’agriculture par exemple, utilisent les TIC pour renforcer l’efficacité de leurs réseaux et de leur mise en réseau. Ils visent à améliorer le développement grâce aux TIC. Dans le second, des individus et des organisations dont les activités sont axées sur l’information ou le savoir dans le domaine du développement utilisent les TIC pour consolider leurs efforts collectifs. Ils cherchent à améliorer le développement stimulé par les TIC ou basé sur le savoir.
Avec les TIC, ces réseaux fournissent des « espaces » partagés dans lesquels leurs membres peuvent trouver les compétences dont ils ont besoin, développer leurs propres capacités, élargir leur cercle d’influence et créer collectivement de nouvelles capacités.
Les énergies internes
Il convient de distinguer les réseaux en fonction de leurs sources d’« énergie ». Certains ont leur origine et puisent leur énergie dans l’intérêt des membres à unir leurs forces : leurs motivations internes « alimentent » leurs activités. D’autres sont créés ou stimulés par des tiers qui comprennent la nécessité pour divers membres de travailler ensemble ou qui voient dans les réseaux un moyen efficace d’obtenir un résultat souhaité. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de générer suffisamment d’énergies internes pour que le réseau se gère de lui-même.
Les TIC font partie intégrante du problème épineux des capacités. Elles contribuent aux processus par lesquels les membres se rencontrent, communiquent, se rassemblent, partagent, apprennent et utilisent à nouveau leurs compétences. Les TIC peuvent aussi être un défi. Selon les outils choisis, la participation des membres au réseau exige un certain niveau d’information et de connaissance en informatique, et la possibilité de se connecter. Les technologies peuvent entraver la communication « réelle » et, éventuellement, décourager les membres qui ne possèdent pas les capacités technologiques requises ou qui préfèrent des modes plus traditionnels de partage du savoir et d’apprentissage.
Les réseaux évoluant en ligne, un animateur de réseau doit être capable de faire fonctionner les TIC correctement suivant les divers besoins du réseau plus vaste ; il adapte les systèmes d’information et de communication afin qu’ils soient en concordance avec les compétences en constante évolution des membres du réseau et avec les ambitions collectives du réseau.
Il n’est pas aisé de discuter des capacités en matière de TIC et donc de la nécessité, ou non, de développer les capacités. En effet, les capacités d’un réseau ne se résument pas à la somme des compétences de ses membres. Elles apparaissent lorsque ces compétences sont gérées et associées de façon stratégique de manière à atteindre les objectifs généraux du réseau. Pour découvrir et mobiliser les compétences de chacun des membres, il faut des capacités stratégiques importantes à l’échelon du réseau. Or, bien souvent, celles-ci se révèlent quand le réseau commence à éprouver des difficultés. Le tableau suivant récapitule les principales capacités nécessaires au niveau du réseau.
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Capacités du réseau |
Compétences |
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Influence |
gérer des situations complexes défendre des causes négocier nouer des alliances inspirer confiance cerner les points forts de chacun des membres |
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Facilitation |
assurer la participation repérer et contourner les obstacles |
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Vision |
vue globale clarté pensée conceptuelle orientation vers l’avenir |
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Technologies de la communication |
établir une communication interne et externe efficace écouter attentivement partager et gérer les connaissances utiliser des technologies pour collecter des données, recueillir des informations, exercer des pressions et tirer parti des expériences utiliser divers médias pour diffuser les produits du réseau combiner divers médias pour réaliser la mise en réseau et y associer les membres |
Peter Ballantyne est directeur par intérim de la coopérative Euforic, et Denise Clarke est chargée de l’équipe Programme-pays de l’Institut international pour la communication et le développement (IICD).
Liens
Réseau de développement stimulé par les TIC
AfriAfya a été lancé en 2000 pour améliorer la cohérence dans le secteur de la santé. Ce réseau offre des espaces d’apprentissage où les organisations peuvent travailler ensemble et partager l’information, le savoir et les expériences.
Réseaux orientés vers les TIC
Le Global Knowledge Partnership (GKP) facilite les actions et les agendas collectifs, et fournit des espaces où les membres peuvent collaborer et partager l’information.
Knowledge management for Development (KM4Dev) est un groupe de praticiens du développement qui partagent leurs idées et leurs expériences en matière de gestion du savoir.
Telecentre.org œuvre au renforcement des réseaux nationaux et régionaux. Il investit dans des services qui permettent de renforcer les capacités des opérateurs de télécentres dans le monde entier.
Lecture
H. Creech et A. Ramji (2004) Knowledge Networks: Guidelines for assessment. IISD Working Paper.
J. Ferguson et S. Cummings (2005) Supporting communities in development: Tools and approaches, Knowledge Management for Development Journal, vol.1(1).
R. McDermott (2000) Knowing in Community: 10 critical success factors in building communities of practice, Communispace.
C. Porter (2003) Networking for Health: a revolution – Using new ICTs to support health professionals in developing countries. Mémoire, University of London.




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