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 Numéro  35 | Décembre 2008

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VIH/SIDA ET ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
VIH/sida. Incidences organisationnelles et pénibles réalités

Le VIH/sida a une influence énorme sur les capacités internes de nombreuses organisations de la société civile de l’Afrique subsaharienne. Le programme Praxis d’Intrac apporte un appui à l’inventaire d’expériences nouvelles et au débat sur les réponses appropriées.

Avec trois millions de décès chaque année, le coût économique et social du VIH/sida ne cesse d’augmenter, surtout en Afrique. Cette affection a également des répercussions considérables sur les organisations de la société civile (OSC), lorsque le personnel est touché par le virus puis la maladie. La perte de temps de travail due à la maladie, aux soins à donner à des proches, aux funérailles, à la déprime, ainsi que les frais médicaux, de recrutement et de formation entraînent pour de nombreuses OSC une augmentation des frais généraux et une baisse de la production. Le directeur d’une OSC du Malawi témoigne :

Une employée expérimentée m’a demandé de ne travailler que le matin. Elle a subi le traumatisme de voir ses trois jeunes enfants mourir au cours des quatre dernières années, son mari est maintenant gravement malade. Il est hospitalisé et elle doit s’occuper de lui. Notre contrat de travail limite les congés pour raison personnelle à cinq jours, mais elle devra s’occuper de lui pendant beaucoup plus longtemps. Si je lui donne plus, l’organisation en pâtira et cela créera un précédent… Que feriez-vous ?

Il est indispensable de bâtir une résistance non pas simplement individuelle mais aussi organisationnelle au VIH/sida. On peut envisager diverses interventions, les plus courantes étant les programmes de sensibilisation du personnel et l’élaboration de stratégies organisationnelles VIH/sida. Mais les OSC doivent aussi analyser les conséquences à long terme sur les ressources humaines, et intégrer les frais liés aux répercussions organisationnelles dans la budgétisation financière, la planification, le suivi et l’évaluation. Une réponse efficace doit s’inscrire dans un contexte large : culture d’entreprise, processus décisionnels, rôle respectif des hommes et des femmes, et limites entre l’organisation et la vie privée des salariés.
    Les agents du renforcement des capacités doivent s’assurer que la résistance organisationnelle au VIH/sida fait partie du programme d’action de leurs clients, car de nombreuses OSC peuvent se sentir écrasées par les répercussions éventuelles du VIH/sida sur leur organisation. Il faut qu’ils aient les compétences nécessaires pour aider leurs clients à intégrer le VIH/sida dans leurs programmes et relations externes, ainsi que dans leur organisation interne.
Il revient aux bailleurs de sensibiliser davantage leurs partenaires aux divers problèmes, de les aider à obtenir un appui au renforcement des capacités, à calculer les fonds supplémentaires nécessaires, et à adapter leurs stratégies de partenariat.

    Il convient de rappeler toutefois qu’aucune stratégie ne peut nous épargner les pénibles réalités du VIH/sida. Après la perte de Dorothy, une collègue et amie, un membre du personnel du réseau ougandais Community Development Resource Network (CDRN) s’exprimait ainsi :
L’expérience que nous avons vécue avec Dorothy nous a montré à la fois l’importance et les limites d’une stratégie de santé englobant le VIH/sida. Cette stratégie était une réponse nécessaire mais non suffisante et sa mise en place a été traumatisante. Notre culture en matière de soins de santé, une culture féminine, a été mise en évidence à un moment de crise interne. Comme Dorothy était une amie et une collègue et pas simplement une ressource humaine, nous l’avons aidée en allant bien au-delà de ce que prévoyait la stratégie. Nous sentions que, au nom de nos valeurs de soutien aux pauvres et aux marginalisés, nous devions porter assistance à cette femme atteinte du sida, abandonnée par son compagnon avec trois enfants à charge. Si nous avions suivi la stratégie à la lettre, nous aurions porté atteinte aux valeurs fondamentales qui ont fait le CDRN.
Il n’est certainement pas aisé de bâtir une résistance organisationnelle au VIH/sida, mais il est urgent de trouver des moyens pratiques d’avancer. Le programme Praxis d’Intrac met donc la priorité sur l’apprentissage dans ce domaine et appuie l’inventaire des expériences et les débats sur les réponses appropriées. On peut télécharger les documents suivants de INTRAC :

  • Praxis Paper 4 , Building Organisational Resilience to HIV/AIDS, Rick James, mars 2005.
  • Praxis Note 11 , Capacity Building in an AIDS-Affected Health Care Institution, Hans Rode, avril 2005.
  • Praxis Note 12 , Robbed of Dorothy, Betsy Mboizi (CDRN) avec Rick James, juin 2005.
  • Praxis Note 13 , Building Capacity to Mainstream HIV/AIDS Internally, Rick James et Cabungo, juillet 2005.


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