Vous êtes dans : > Accueil > Revue > Stratégie > Renforcer le le...



 Numéro  38 | Décembre 2009

Menu de gauche



ASSAINISSEMENT ET HYGIÈNE EN OUGANDA
Renforcer le leadership au niveau des districts

L’Ouganda a été l’un des premiers pays d’Afrique de l’Est à lancer des réformes dans le secteur de l’eau et de l’assainissement mais il éprouve aujourd’hui des difficultés à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) liés à l’assainissement et à l’hygiène.

L’amélioration des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement constitue une priorité majeure du Plan d’action de l’Ouganda pour l’éradication de la pauvreté. La couverture en latrines est de 62 % à l’échelon national, et 79 % de ces latrines ne sont pas équipées d’installations adéquates pour le lavage des mains.

L’assainissement et l’hygiène ne sont pas des priorités au niveau des districts. Le manque de financement, la faible priorité et le peu d’intérêt accordés à l’assainissement et à l’hygiène, ainsi que la répartition des responsabilités et des financements au sein de services invoquant d’autres priorités majeures, sont autant d’obstacles qui freinent l’évolution de la situation.

Depuis 2001, les responsabilités en matière d’hygiène et d’assainissement ont été réparties à l’échelon des districts entre les départements de l’eau, de la santé et de l’éducation, aboutissant au morcellement des activités et des budgets. La subvention à l’établissement de soins de santé primaires (PHCG) et la subvention conditionnelle du programme « eau et assainissement » (WSCG) sont les principales sources de financement de l’assainissement et de l’hygiène, mais aucune n’est affectée clairement à ces questions, que négligent de ce fait certains districts. Après distribution des sommes destinées pour couvrir les frais de médication, toutes les autres interventions en santé publique, les frais administratifs et les autres frais récurrents, il ne reste en moyenne que 2 % de la PHCG pour l’assainissement et l’hygiène. Les fonds reçus au titre de la WSCG sont consacrés à la protection des sources d’eau plutôt qu’à la gestion des excréments.

Un autre obstacle est le manque de main-d’œuvre au niveau des districts et des sous-districts pour pouvoir assurer, de manière efficace, la mise en œuvre et le suivi des programmes d’assainissement et d’hygiène.

L’apprentissage à l’échelon des districts

La situation varie considérablement d’un district à l’autre – sur les 80 que compte le pays – et les statistiques officielles de couverture ne tiennent pas pleinement compte de la condition ni de l’utilisation des latrines. Certaines maladies d’origine fécale comme le choléra continuent de se propager. Pour tenter de résoudre ces problèmes dans les districts privés d’installations sanitaires de base, le Centre international de l’eau et de l’assainissement (IRC), l’Organisation de développement des Pays-Bas (SNV) et le Réseau pour l’eau et l’assainissement (Netwas Ouganda) ont lancé le programme d’apprentissage de politiques et pratiques concernant l’assainissement et l’hygiène (LeaPPS).

Le programme LeaPPS réunit des groupes d’individus œuvrant pour l’amélioration de l’hygiène et de l’assainissement, notamment des responsables politiques, des fonctionnaires locaux, des membres communautaires, des donateurs, des scientifiques et des prestataires du secteur privé. Bon nombre de ces groupes fonctionnent de manière non coordonnée, isolés les uns des autres, et n’ont pas suffisamment accès aux informations et aux lignes directrices établies à Kampala, ou encore aux enseignements tirés de la pratique. Le programme LeaPPS vise à renforcer la coordination et le partage des informations en vue d’améliorer les conditions d’hygiène et d’assainissement au sein des ménages, de la communauté et des écoles primaires.
Entre 2007 et 2008, des responsables politiques locaux, des fonctionnaires de districts, des membres de plusieurs ONG et organisations communautaires, ainsi que des représentants du secteur privé et de deux sous-comtés de chaque district, ont participé à six sessions d’apprentissage multi-parties prenantes. Ces sessions ont donné lieu à une analyse concertée des enjeux et des besoins en matière d’apprentissage, lesquels ont ensuite été examinés à travers des activités de renforcement des capacités (formation, recherche appliquée, études de cas). Les préoccupations des participants et les besoins en renforcement des capacités ont permis de définir les objectifs d’apprentissage et ont été abordés dans le cadre de présentations, de groupes de travail, de discussions et de visites de terrain. Au nombre des sujets traités : marketing social et méthodes participatives, mise en application effective du cadre réglementaire, technologies innovantes à bas coût comme le système d’assainissement écologique EcoSan, liens entre le VIH/sida et l’eau, promotion de l’assainissement et de l’hygiène.

Enseignements tirés

Les participants au programme LeaPPS ont développé leurs capacités à fixer des objectifs de performance, assurer le suivi, analyser les résultats obtenus, et à être innovants dans leurs stratégies.
Les participants aux sessions LeaPPS ont tiré les conclusions suivantes :

  • Le modèle Leapps aide les parties prenantes à identifier leurs besoins en capacités.
  • L’apprentissage est plus efficace lorsqu’il repose sur des besoins et des programmes existants.
  • Il convient d’améliorer la dissémination des informations jusqu’au niveau des sous-comtés.

Liens



Veuillez ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaires.