Pour l’UICN, l’Union mondiale pour la nature, il est plus important de renforcer les capacités de conservation que de renforcer simplement les capacités des personnels pour elles-mêmes. Jeffrey McNeely nous présente le développement du programme régional de l’UICN en Asie.
L’UICN, l’Union mondiale pour la nature, est un partenariat mondial qui compte plus de 1 000 membres dans 150 pays. Elle rassemble également quelque 10 000 protecteurs de la nature qui s’efforcent d’« influencer, encourager et aider les sociétés à travers le monde à conserver l’intégrité et la diversité de la nature et à veiller à ce que toute utilisation des ressources naturelles soit équitable et durable d’un point de vue écologique ».
Bien que l’UICN soit basée en Suisse, ses activités s’étendent sur toute la planète. En 1995, le conseil de l’UICN a décidé que la régionalisation de ses programmes offrirait de nombreux avantages, et permettrait en particulier d’améliorer la capacité de ses membres à contribuer au développement durable. Mais l’UICN devait tout d’abord renforcer les capacités de son propre personnel opérant dans les régions. Chacun des huit programmes régionaux de l’UICN a suivi une voie légèrement différente, mais l’Asie, du fait de sa taille et de sa diversité, posait un défi particulier.
Le développement du programme régional pour l’Asie a été l’occasion de tirer certains enseignements.
Définir les compétences requises.
L’UICN est avant tout une organisation de mise en réseau ; par conséquent il a été jugé essentiel de mettre en place un réseau régional bien structuré. L’UICN a donc conçu des projets régionaux cherchant à renforcer les capacités dans différents domaines. Ces projets consistaient notamment à effectuer des travaux de taxonomie, à appuyer l’élaboration de stratégies et de plans d’action nationaux en matière de biodiversité, à concevoir la législation sur l’environnement, et à mettre en œuvre le Protocole de Carthagène sur la biosécurité.
Engager du personnel à différents niveaux.
En Asie, l’UICN offre des possibilités à de nombreux jeunes diplômés et stagiaires, épaulés par le personnel plus expérimenté. De jeunes diplômés sont engagés pour une durée déterminée et ont la possibilité de rester s’ils savent trouver le bon créneau. Les stagiaires travaillent pour l’UICN pendant un an au maximum, souvent avec un membre de l’UICN, puis ils reprennent leurs études ou la fonction qu’ils occupaient auparavant. Pour l’UICN, il est plus important de renforcer les capacités de conservation que de renforcer simplement les capacités du personnel pour elles-mêmes.
Permettre au personnel d’apprendre par la pratique.
Nombre de collaborateurs régionaux possédaient déjà des compétences considérables grâce au travail qu’ils avaient effectué au niveau national, mais l’adaptation de ces compétences aux nécessités des activités régionales ne pouvait se faire du jour au lendemain. L’UICN a fait appel à des collaborateurs d’autres régions ayant une longue expérience de l’Asie et qui étaient donc en mesure de parrainer le nouveau personnel régional. Aujourd’hui, le personnel de l’UICN en Asie est originaire à plus de 90% de la région.
Savoir quand recourir à une expertise externe.
Le projet de renforcement des capacités pour la législation sur l’environnement a recouru aux services de quelque 30 experts du réseau de l’UICN qui ont assuré à titre bénévole une formation à 63 professeurs de droit originaires de 15 pays asiatiques. Ces professeurs ont à leur tour aidé à renforcer les capacités nationales en matière de droit de l’environnement.
Le renforcement des capacités est une quête sans fin. La gestion de l’environnement requiert de vastes connaissances, et le contexte socioéconomique et politique se modifie constamment, de même que les conditions environnementales et les réseaux de personnes actives dans le domaine de la conservation. En s’efforçant de venir en aide aux autres, l’UICN continue à renforcer ses propres capacités. Après le tsunami qui s’est produit en 2004 dans l’océan Indien, par exemple, l’UICN a collaboré avec le gouvernement sri-lankais pour renforcer les capacités d’intégration des aspects environnementaux dans les plans de reconstruction. Grâce à ce travail, le personnel de l’UICN a été davantage à même d’aborder cette problématique dans d’autres pays.
Certes, l’UICN ne pourra jamais se féliciter d’avoir toutes les capacités dont elle a besoin, mais elle continuera à soutenir les organisations membres afin que l’Asie ait un avenir productif au plan environnemental.
Liens
Banque asiatique de développement
Convention sur la diversité biologique
Fonds pour l’environnement mondial (FEM)
Protocole de Carthagène sur la biosécurité
Lectures
A. Rademacher (2005) The Growth of Capacity in IUCN in Asia. ECDPM Discussion Paper 57M.
E. Delamonica and S. Mehotra (2005) A Capability Centred Approach to Environmental Sustainability. Working Paper 13, UNDP International Poverty Centre.
S. Yachkaschi (2005) Capacity Building at the Grassroots. Praxis Note 18, INTRAC.



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